Frapper le ballon avec le pied sur un terrain de volley-ball : la scène fait tiquer, parfois sourire, mais elle n’a rien d’anecdotique. Depuis 1994, le règlement international a aboli l’interdiction historique et bousculé les automatismes d’une discipline longtemps cantonnée au jeu de mains.
Le pied n’est plus persona non grata au volley-ball. Oui, il peut servir à sauver une balle désespérée, à condition de respecter l’ensemble des règles du jeu. Ce détail, pourtant inscrit noir sur blanc dans les textes, continue d’échapper à nombre de joueurs et de spectateurs, qui persistent à voir le volley comme un sport de bras et de doigts.
Le volley-ball en bref : ce qu’il faut savoir avant de jouer
Avant de s’aventurer sur le terrain, il vaut mieux connaître l’essentiel du volley-ball. Né à la fin du XIXe siècle, ce jeu collectif fait partie des disciplines les plus populaires de la planète. Ici, deux équipes de six s’affrontent sur un rectangle de 18 mètres sur 9, séparé par un filet (2,43 m pour les hommes, 2,24 m pour les femmes). L’objectif ? Empêcher le ballon de toucher le sol de son camp tout en le propulsant dans le camp adverse.
Voici quelques repères pour bien démarrer :
- Chaque équipe compte six joueurs sur le terrain, dont un libero, spécialiste de la défense, reconnaissable grâce à son maillot distinct.
- Un match se joue en trois sets gagnants, chaque set se terminant à 25 points (15 pour un éventuel cinquième set), avec deux points d’écart nécessaires pour l’emporter.
- Le ballon de volley, plus léger qu’un ballon de basket, favorise les échanges rapides et les réceptions précises.
Les règles imposent un rythme soutenu : trois touches maximum par équipe avant de renvoyer le ballon, pas de double contact consécutif par le même joueur, et interdiction de passer la ligne centrale. Le beach volley, qui partage l’essentiel des codes de la salle, se joue à deux contre deux sur le sable, avec ses propres subtilités.En France, le volley séduit un public large, des enfants aux vétérans. Structuration des équipes, variété tactique, rapidité d’exécution : tout concourt à un sport où la cohésion et l’intelligence collective sont reines.
Peut-on vraiment utiliser ses pieds sur le terrain ?
La question du jeu au pied divise, mais le texte du règlement international est limpide : toutes les parties du corps peuvent entrer en contact avec le ballon. Depuis 1994, la Fédération internationale de volley-ball a levé toute ambiguïté : bras, tête, torse, pied… rien n’est interdit tant que le geste ne contrevient pas aux règles de base. Chez les professionnels, le recours au pied reste rare, réservé aux phases défensives extrêmes, quand il s’agit d’arracher un point en bout de course.Dans les faits, toucher le ballon du pied demeure exceptionnel. Les joueurs privilégient la technique manuelle, bien plus adaptée à la vitesse du jeu. Pourtant, rien n’empêche de tenter une parade du pied pour allonger un échange ou déstabiliser l’adversaire. Seule exigence : le contact doit être net, sans contrôle prolongé.
Quelques situations où le pied trouve sa place :
- Un réflexe du pied pour rattraper une balle qui file en bord de ligne.
- Un genou qui repousse une attaque adverse en extension.
- Un tibia qui renvoie de justesse le ballon dans le camp opposé.
Attention, la faute surgit dès lors qu’un joueur tente de contrôler ou de faire rebondir le ballon avec le pied, ou franchit dangereusement la ligne médiane. Le jeu au pied n’excuse ni le danger ni l’avantage déloyal.
Ce que disent les règles officielles et leurs évolutions récentes
Les règles internationales du volley-ball ont évolué, mais sur le point du contact avec le ballon, la consigne reste claire : toucher la balle avec n’importe quelle partie du corps est permis. Les textes de la Fédération internationale (FIVB) précisent que le pied, le genou ou la jambe ne constituent pas des exceptions. Cette liberté s’applique aussi bien lors d’un match amateur qu’en compétition de haut niveau.
La règle 9.2 du code FIVB stipule que le ballon peut être frappé avec n’importe quelle partie du corps, à condition que l’action soit franche, sans accompagnement ni contrôle excessif. Les autres fautes, comme le toucher du filet ou les doubles contacts, restent strictement encadrées, mais le pied ne fait l’objet d’aucune restriction particulière.
Les dernières évolutions du règlement portent surtout sur le déroulement du match : apparition du cinquième set décisif, adaptation de la règle des points d’écart, ou précisions sur le rôle du libero. Sur la question du jeu au pied, rien n’a changé. Le règlement autorise l’audace et l’instinct, tant que la sécurité prévaut.
Les règles à garder en tête :
- Éviter tout geste dangereux lors d’un contact avec le ballon, quel qu’il soit.
- Ne jamais franchir la ligne médiane sous le filet avec le pied.
Pour le reste, seule la maîtrise technique fixe la limite. Le règlement, lui, laisse la porte ouverte à l’imprévu.
Pourquoi tenter l’aventure du volley-ball, même avec les pieds
L’éclair d’un coup de pied pour sauver un point, en plein match, ne laisse personne indifférent. Le volley-ball, c’est aussi cela : de l’instinct, de la réactivité, une part d’inattendu. Même les joueurs les plus aguerris s’autorisent ce réflexe dans les moments critiques. Utiliser le pied, à la limite, peut s’avérer décisif pour relancer un échange et provoquer l’enthousiasme de l’équipe.
Sur les terrains français, la scène reste peu fréquente mais tout à fait conforme au règlement. Les joueurs, et surtout les plus jeunes, découvrent parfois cette possibilité en pleine action. Le libero, expert de la défense, se saisit parfois de cette option lors de situations extrêmes. Quant au beach volley, il célèbre la créativité et la débrouille, rendant le pied parfois salvateur sur le sable.
Le volley-ball, c’est aussi l’art de l’improvisation collective. Ce geste imprévu soude les joueurs autour d’un même objectif : ne jamais abandonner, quel que soit le terrain. Savoir exploiter cette règle, c’est s’ouvrir à un jeu plus libre et plus audacieux. Et qui sait, peut-être la prochaine balle sauvée au pied changera-t-elle le cours d’un set ?


