Depuis plusieurs décennies, deux clubs se partagent la même pelouse à Milan. San Siro a connu des finales continentales, une Coupe du monde et des derbys restés dans les mémoires. Il est aussi à l’aube d’une transformation majeure.
Revenons sur l’histoire de cette enceinte, et sur ce que prévoient aujourd’hui l’AC Milan et l’Inter pour la suite.
Une idée de président, inaugurée en 1926
À l’origine, San Siro naît d’une initiative d’un dirigeant. Piero Pirelli, alors président de l’AC Milan, souhaite doter son club d’un stade moderne. Les plans, signés de l’ingénieur Alberto Cugini et de l’architecte Ulisse Stacchini, datent de 1925.
Le stade est inauguré le 19 septembre 1926 lors d’un match entre Milan et l’Inter. Les deux équipes qui s’y partagent aujourd’hui la pelouse en ont donc foulé le gazon dès le premier jour.
Au départ, le stade se limite à un premier niveau de tribunes, bien plus modeste que celui que l’on connaît. Son aspect actuel est le résultat d’agrandissements successifs.
Un stade qui s’est agrandi par étapes
Le premier grand changement date de 1955. Un deuxième anneau est ajouté, accessible par des rampes en spirale, qui deviendront l’une des signatures du bâtiment.
Une trentaine d’années plus tard, la préparation de la Coupe du monde 1990 donne lieu à de nouveaux travaux. Un troisième anneau est construit entre 1987 et 1990, soutenu par onze tours, avec une couverture en acier. Le troisième niveau ne couvre que trois côtés du stade, ce qui explique son allure asymétrique.
Ces ajouts successifs expliquent pourquoi le stade n’a pas la forme régulière des enceintes récentes. Chaque époque y a laissé une couche, et c’est ce mélange qui fait son identité.
Un stade partagé par deux clubs
Milan et l’Inter y jouent tous deux leurs matchs à domicile. Selon les historiques du stade, l’Inter, qui évoluait auparavant à l’Arena Civica, a rejoint San Siro en 1947 comme locataire, une situation qui a duré pendant des décennies.
Jusqu’en 2025, la propriété du stade revenait à la ville de Milan. Ce statut a changé avec la vente aux deux clubs, qui détiennent désormais l’enceinte ensemble.
C’est aussi dans ce stade que se joue le Derby della Madonnina, le match qui oppose les deux équipes de la ville. Chaque club y reçoit à tour de rôle.
Pour vivre un derby ou un match européen dans ce cadre, il est possible de prendre ses places pour San Siro en ligne facilement, et il est recommandé de le faire en avance.
Un nom, des finales et des soirées marquantes
Depuis mars 1980, le stade porte officiellement le nom de Giuseppe Meazza, ancien joueur de l’Inter et double champion du monde. Le nom de San Siro, lui, est resté celui de l’usage courant.
L’enceinte a accueilli plusieurs finales de Ligue des champions, notamment en 1970, 2001 et 2016. Elle a aussi vu Milan et l’Inter s’affronter en compétition européenne, notamment en 2003, 2005 et 2023.
La finale de 2001 a vu le Bayern Munich l’emporter face à Valence, celle de 2016 le Real Madrid s’imposer contre l’Atlético de Madrid. Dans les deux cas, la victoire s’est jouée aux tirs au but.
Ces rendez-vous ont contribué à forger sa réputation bien au-delà de l’Italie. Pour beaucoup d’amateurs de football, San Siro reste un nom associé aux grandes soirées européennes.
Ce que prévoit le projet de nouveau stade
Le conseil municipal de Milan a approuvé en septembre 2025 la vente du stade aux deux clubs, qui l’ont acquis avec le terrain environnant à l’automne de la même année. Leur projet est de bâtir une nouvelle enceinte d’environ 71 500 places, dessinée avec les cabinets Foster + Partners et Manica.
Selon les calendriers publiés, les travaux doivent débuter en 2027, sur un terrain voisin de l’actuel San Siro. L’ouverture est évoquée pour la saison 2030-2031. Une grande partie de l’ancien stade serait ensuite démolie, certains éléments pouvant être conservés, mais ces propositions ne sont pas confirmées.
En attendant, les deux clubs continuent de jouer au stade actuel, ce qui laisse encore plusieurs saisons pour le voir tel qu’il est.
Ces dates restent susceptibles d’évoluer, comme souvent pour un chantier de cette ampleur. Les informations les plus fiables viennent des annonces officielles des clubs.
Le futur stade devra maintenant écrire sa propre histoire. L’ancien, lui, aura eu près d’un siècle pour écrire la sienne.

